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La Vita de Maisse Arsouye



Du Forgeron de la Foy

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Riwaîte Tûze Pratike

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Le jeune Arsouye nait près de l’abbaye de Floreffe, dans le comté de Namur, le 24 septembre 1384, sous le prénom de Françwès.

C’est en admirant le polyptyque de l’abbaye, en cuivre repoussé et doré, qu’il décide de sa vocation: il sera dinandier.

Mais en attendant, il doit poursuivre ces études. Dévoué pour sa famille, il fait les courses avec un sceau d’eau afin de pouvoir payer au marché en liquide. Il perd son père trop tôt; celui-ci buvait du lait, un matin, mais malheureusement la vache s’est assise. (suite…)

la vitea du bienheureux frère Girtan

Le père Girtan: le coeur à l’écoute

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Ses premiers temps au Couvent Franciscain de Valence sont rythmés par l’enseignement scolastique. Les prières ferventes et son goût d’apprendre, élèveront peu à peu sa foi.Le 8 janvier 1454, le frère Girtan prend son bâton de pèlerin, pour aller éveiller la foi, dans des contrées nouvelles de la Comté du limousin et de la Marche, à Rochechouart, où il fut ordonné Diacre par le Père Elmoron. Une amitié réelle s’installe entre les deux clercs.

Il passe par Angoulême, puis à Gien, toujours en éveillant la foi autour de lui. La dialectique et un charisme exceptionnel le font apprécier tant en taverne que sur la place publique. Il commence à prêcher, « L’amour, La foi et la Raison, Le cœur à l’écoute…. » L’archevêque de Tours, son éminence Bibineloden, reconnaît ce frère Franciscain, qui depuis le Couvent de Valence et Tréguier, avait apprécié son amitié et sa compassion envers tous ceux qui l’abordaient.

Oui nos actions aussi belles soient-elles, doivent être conduites dans le désintéressement total. N’oublions pas que la charité est un devoir, mais seule l’obole est sacrée ! N’attendons pas qu’un ami, un frère, nous demande de l’aider, mais soyons prévenants et anticipons sa demande, si cela est possible, l’action n’en sera que plus efficace ! La Fraternité est le seul ciment de notre volonté, qui noie la haine, lie les passions dans l’enthousiasme, et nous donne la sagesse de la liberté de nos pensées, dans tous nos actes !

Monseigneur Bibineloden, ordonne Girtan, Curé de Vendôme, le 27 avril 1454. Démontrant une fois de plus que les valeurs Franciscaines apportent encore de nouvelles connaissances à la construction humaine, le père Girtan trouvera dans cette fonction le plein exercice de son sacerdoce. Investi de sa foi, et armé de sa volonté, son dynamisme galvanise les nouveaux paroissiens.

« La paix n’est pas aussi simple que le cœur ne l’imagine, mais elle est plus simple que la raison ne l’établit. Devant cet enchevêtrement des problèmes existenciels, nous sommes tentés de nous dire : [ la paix dépend de mains plus expertes que les nôtres]… Certes la paix a besoin de politiciens et d’économistes, mais elle est aussi entre les mains de nous tous, elle passe par mille petits gestes de la vie quotidienne. Chaque jour, par notre manière de vivre avec les autres, nous choisissons pour ou contre la paix ».

Grand professeur, théologien prolifique, il laisse en nos écoles de nombreux parchemins qui nous propulsent sans cesse vers le chemin du divin. Affable et d’une humeur toujours égale, le frère Girtan rejoint la béatitude de notre Gardien, Saint Nicolaïde, le 8 février 1455, suite à une longue maladie bien temporelle…

Voici quelques un de ces travaux.

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Adresse aux fidèles:

Mes chers enfants,

Chaque fois que nous apprenons que l’un de nous est frappé par la maladie, l’affliction ou la mort brutale, inattendue, de quelqu’un que nous avons connu, fréquenté, aimé, et respecté, naît en chacun de nous comme une protestation muette. Nous sommes amenés à marquer un temps d’arrêt dans nos vies. Et nous réfléchissons, à partir de ce drame qu’est la mort.

La question la plus normale c’est : « la vie, qu’est-ce que c’est ? Quel est son but ? » Nous nous sommes tous posés souvent cette question, n’est-ce pas ? La réponse est diverse selon les personnes et leur sensibilité propre. Dans un monde où chacun se trouve défini par ses avoirs et ses pouvoirs, la mort est surtout une source d’angoisse. Elle sonne la déroute de toute possession. C’est une épreuve terrible de dépouillement total pour celui qui a tout misé sur des assurances temporelles et humaines. Dans tous les cas, nous réalisons que la vie, est quelque chose d’essentiellement fragile. En quelque sorte, notre entrée dans cette vie cléricale ou monacale, doit se comprendre comme un renoncement à ces sentiments matérialistes, pour se mettre totalement au service de l’autre…

Je crois qu’il nous faut reprendre contact avec les sources de notre être. Dépasser le culte de notre égo, refuser ce monde d’âpre compétition et de conflit, pour retrouver les moyens d’une véritable communication avec autrui et en faire la valeur première, qui donne sens à notre existence. Vous avez émergé de l’existence avec quelque chose d’infini au fond du coeur : désir de vie, désir d’amour, désir d’éternité. N’éteignons pas en nous un tel sentiment. Il faut au contraire s’efforcer de le dégager.

Le prophète a écrit : « Nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons nos frères »….Aristote s’empresse d’ajouter qu’il faut apprendre à aimer comme Christos aime. À la lecture des Ecrits dans le livre des Vertus, je vois, presque à chaque page, des hommes tels Aristote, pleins de délicatesse, faisant attention aux autres, ayant le souci des autres, fraternels, paternels.

Ode dernier

de la méthode du Frère Girtan

 

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Relié en cet abbaye, par la bonté de nos moines copistes.
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l’hagiographie de Frère Nico

Après sa Vitae, voici son hagiographie, en vue de sa sanctification.

L’hagiographie de Frère Nicolaide, dit frère Nico

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I Le moine

La vie de celui qui deviendrai plus tard frère Nico fut guidée dès sa plus tendre enfance sur la voie de la piété. En effet, bien que le jeune Nicolaïde était le fils aîné d’un petit seigneur normand nommé Guillaume “Longue épée”, ce fut son frère cadet qui fut choisi pour lui succéder, et le futur saint fut envoyé à l’abbaye bénédictine Sainte-Blanche de Sens. Là, après une longue période en tant qu’oblat puis en tant que novice, il fut chargé de seconder frère Konrad, le sulfureux responsable de la bibliothèque. Malgré l’incompétence de son supérieur, Nicolaïde profita de ce travail pour entreprendre une quête de savoir que jamais il n’interrompit par la suite. Il en vint même à être nommé bibliothécaire lorsque son déplorable prédécesseur mourut d’avoir péché une fois de trop par gourmandise.

Mais le clergé baignait dans le luxe et la décadence, et l’abbaye de Sens ne faisait pas exception à la règle. Déçu par ce terrible état de fait, Nicolaïde décida de quitter les ordres pour vivre sa foi au plus près du peuple. Après une période de dur travail dans un lieu de charité, il fut nommé prêtre dans une petit paroisse des environ de Sens. C’est là qu’il fit la connaissance d’une communauté franciscaine, qui lui redonna espoir dans le clergé régulier. Il rejoignit l’Ordre des Frères Mineurs et profita que l’évêque de Sens l’ait envoyé en 1453 évangéliser la Champagne pour fonder un couvent à Sainte-Ménéhould.

Cette communauté franciscaine devînt rapidement un grand centre de savoir et de piété. La bibliothèque se remplit rapidement, mais c’est surtout par de précieux éléments humains que le couvent s’enrichit. Le frère Jarkov fut le plus célèbre d’entre eux, s’en allant raviver la foi Bretonne grâce à son désormais célèbre fougue. Mais d’autres grands noms franciscains se firent connaître grâce à celui qu’on appelait désormais frère Nico, tels que Breizh, l’inquisiteur Norv ou encore Marlaeauvergne. Mais les clercs n’étaient pas seuls à animer la foi franciscaine, car c’est à cette époque qu’apparurent les laïcs franciscains appelés Capucins, dont fit notamment partie Mysouris.

Peu à peu, le couvent de Sainte-Ménéhould essaima et une nouvelle génération de franciscains succéda à la précédente. Frère Nico se faisant vieux et de plus en plus malade, il décida de confier à certains éléments parmi les plus prometteurs des rôles importants au sein du couvent. Ainsi, frère Bibineloden eut la responsabilité des clefs du couvent, frère Sashann s’occupa des Capucins, frère Chevalier_Saint_Georges réforma brillamment le noviciat, frère Agami devint abbé de l’abbaye franciscaine de Tastevin et frère Pouyss s’efforça de poursuivre l’oeuvre d’accumulation de savoirs initiée par frère Nico lui-même. C’est à cette époque qu’une indéfectible amitié naquit entre ces deux derniers.

Mais la crise couvait et elle ne tarda pas à à éclater au grand jour. Frère Pouyss décida de quitter les Frères Mineurs pour fonder un ordre religieux dédié à un grand ami de frère Nico et martyr normand: saint Lescure. Un nombre important de franciscains le suivirent dans cette difficile entreprise, ce qui saigna à blanc l’ordre Franciscain. Pouyss était dès lors considéré comme un traître, sauf par frère Nico qui comprit ses intentions et l’encouragea à persévérer. Il proposa même à celui qu’il considérait comme son fils spirituel de dissoudre l’Ordre Franciscain pour qu’il intègre l’Ordre Lescurien. Non seulement Pouyss refusa, mais ils choisirent ensemble les membres du nouveau chapitre franciscain, celui qui aurait la lourde charge d’assurer le renouveau de l’Ordre.

Ceux-ci s’acquittèrent de leur mission avec courage et détermination, malgré le décès impromptu et accablant de leur maître, frère Nico. Ils accomplirent ses dernières volontés en déménageant le couvent de Saintes-Ménéhould à Bruzh, en Bretagne, grande terre Franciscaine. Là, ils y reformèrent l’ordre, formèrent de nouveaux membres, tels que les frères Robert Savoie et MaisseArsouye. Des anciens contribuèrent à ce travail, tels que les frères Anguillerusée, Girtan, Gloth et Latan. Et cette action porta ses fruits. Non seulement l’Ordre retrouva sa vigueur d’antan, mais certains de ces franciscains furent appelés à de hautes charges au sein de l’Eglise: frère Robert Savoie fut élu Primat de France, frère Latan devint cardinal et frère Anguillerusée succéda à son éminence Jeandalf en tant que cardinal-camerlingue.

II Le savant

Dès sa plus tendre enfance, frère Nico fit preuve de remarquables dispositions pour les sciences divines et humaines. Alors qu’il n’était encore qu’un jeune oblat de l’Ordre Bénédictin et qu’il assistait l’incompétent frère Konrad dans la gestion de la bibliothèque du monastère de Sens, il profita de son accès à cette inestimable réserve d’ouvrages pour découvrir seul les mystères de la foi et du monde. Ses lectures préférées étaient l’oeuvre de grands théologiens et il s’y plongeait avec passion et assiduité. Mais la connaissance n’est rien lorsqu’elle est circonscrite dans un seul domaine et frère Nico s’ouvrit également aux philosophies antiques, à la géographie et à l’histoire. Peu à peu, d’un ignorant enfant, il se mua en un jeune homme dont la soif de savoir se révélait insatiable.

En 1440, alors que frère Nico s’occupait de sa modeste paroisse, il se lia d’amitié avec le doyen de l’université de Paris, Raoul de Bègre. Paris venait d’être reprise aux anglais et cet homme avait la lourde charge de redonner à la Sorbonne l’activité qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Pour ce faire, il recrutait les hommes de science les plus sages et frère Nico accéda à la fonction de professeur en sciences historiques. Mais la santé mentale de Raoul commençait à décliner. Conscient de ce mal inexorable, il décida de se choisir un successeur et confia cette lourde charge au saint homme, lequel la conserva jusqu’à sa mort. Pendant toute sa vie, il n’eut de cesse de poursuivre l’oeuvre de son prédécesseur, accumulant les ouvrages, recrutant de sages professeurs et formant des générations entières d’étudiants.

Cette quête incessante de savoir le guida dans sa pratique de la foi, et lorsqu’il accéda à la charge cardinalice, elle fit le lui un véritable chevalier de la connaissance, se battant pour la vérité avec sa plume pour toute arme. Il advint qu’au début de l’année 1454, sa sainteté le pape Eugène V exigea une refonte du dogme à l’éclairage de documents retrouvés en la bibliothèque de Rome. Son ami le cardinal camerlingue Lescure entreprit alors d’ouvrir le concile Vatican I pour réunir l’ensemble des théologiens des royaumes Aristotéliciens. Frère Nico eut la charge de coordonner l’activité débordante de ces savants, parmi lesquels on pouvait notamment compter les Thomistes Lorgol et saint Trufaldini, le Cistercien Jeandalf ou encore le Franciscain Pouyss. Pendant tout ce travail, le saint homme imprima sa marque, expliquant inlassablement la nécessité de faire la part entre la vérité et les mensonges qui s’étaient accumulés avec le temps.

Mais le cheval de bataille de ce chevalier de la connaissance n’était autre que la rédaction des hagiographies des saints qui oeuvrèrent pour la plus grande gloire de la parole divine. Il rédigea un guide visant à ordonner la rédaction et la transcription de tels textes sacrés. Il encouragea personnellement la transcription des antiques hagiographies des archanges solaires et des saints fondateurs de l’Eglise, et poussa les théologiens à entreprendre la rédaction des hagiographies des saints les plus récents. Sans lui, l’Eglise aurait peu à peu laissé ces inestimables témoignages disparaître à jamais. Ce n’est que justice qu’il bénéficie lui-même d’un tel hommage, tant son oeuvre dans ce domaine fut fondamentale. Et elle atteignit son paroxysme lorsqu’il dirigea personnellement, au sein du couvent de Sainte-Ménéhould, la rédaction de l’hagiographie de saint François d’Assise.

Farouche partisan d’une foi réfléchie, frère Nico s’opposait à une vision plus intuitive de la parole divine. Suite au concile Vatican I, il prôna une transcendance par la raison et s’efforça de faire partager cette vision par le plus grand nombre. On le voyait çà et là expliquer à tout un chacun que l’essence des choses se trouve dans les choses elles-mêmes. Il recherchait la nature réelle de l’univers, par le biais de la métaphysique, qu’il qualifiait de science de l’étant en tant qu’étant. Mais il n’en dédaignait pas pour autant les éléments de la vie courante. Ainsi, il travailla sur la beauté, et conclut qu’elle résultait de certaines proportions et de certaines mesures et rythmes harmonieux. Pour lui, religion et quotidien ne faisaient qu’un, aussi recommanda-t-il que le sage participe à la vie de la cité.

Aux derniers temps de sa vie, conscient de la nécessité de communication avec les fidèles, frère Nico entreprit la création d’un journal officiel de l’Eglise. Il le nomma “le Rouleau” et en rédigea les tous premiers articles. Lorsque son fondateur mourut, ce journal, bien qu’encore jeune, s’était déjà solidement installé dans la vie de l’Eglise et se révélait plein de promesses. L’amour du savoir du saint homme ne se limitait donc pas à quelque bibliothèque où seuls se rendraient quelques rares lettrés, mais se voulait ouverte à tous, principe qui le guida tout au long de sa vie.

III Le saint

Frère Nico vécu humblement sa foi en la parole divine. Loin de l’attrait des titres et du goût du pouvoir, il prenait plaisir à aider son prochain, prodiguant moult conseils sur la meilleure manière de vivre au quotidien. Il conseillait les vagabonds et paysans sur l’art et la manière d’économiser les fruits de leur labeur tout en vivant dans la vertu. Sa compassion s’officialisa sous le nom de la Fraterie d’Aide aux Yndigents, mais le partage est une vertu trop rare pour que le saint homme trouve suffisamment de monde pour poursuivre cette oeuvre de charité. Un autre échec se trouva dans la Licorne, ordre militaire originellement prévu pour protéger les fidèles Aristotéliciens mais qui dériva bien vite vers l’accueil des hérétiques.

Qu’à celà ne tienne. Frère Nico n’était pas homme à se laisser abattre aussi facilement. L’Eglise qu’il connut dans sa jeunesse était faible et corrompue. Comme quelques rares autres personnes d’exception, il contribua grandement au renouveau de la foi. Sa sainteté le pape Nicolas V fit appel à lui en 1453 pour occuper une charge cardinalice parmi une Curie entièrement remaniée. Elle avait pour mission de rendre à l’Eglise sa gloire disparue. La plupart des diocèses étant alors privés de guide, les nouveaux cardinaux s’attelèrent à la nomination d’évêques. Et frère Nico exhuma de l’histoire de l’Eglise les anciennes congrégations, qui fournissent encore aujourd’hui un travail indispensable au bon fonctionnement de l’Eglise.

La sainteté de frère Nico se traduisait dans son action par sa perpétuelle volonté d’apaiser les tensions et de résoudre les problèmes non pas par la force mais par la sagesse. Ainsi, la réforme du dogme Aristotélicien vit violemment s’opposer l’Ordre Franciscain et la Congrégation de saint Thomas. Ce n’est que grâce à sa volonté inébranlable de communion que le saint homme réussit à calmer ce conflit et à ramener les théologiens au calme. Malheureusement, sa parole ne fut pas toujours écoutée. Ainsi, il s’opposa à la décision de ses pairs cardinaux de se lancer dans la première croisade de Normandie. Cette guerre se révéla désastreuse, ne parvenant pas à convertir les hérétiques Normands.

Et pour quelque fou qui douterait encore de la sainteté de frère Nico, voici le récit du miracle dont il fut le bénéficiaire et qui prouve sans conteste l’amour de Dieu envers un de ses plus fidèles serviteurs. Il était né Normand et avait conservé en son coeur l’amour de son duché, malgré les errements d’une partie de sa population. Après avoir fondé le couvent Franciscain de Sainte-Ménéhould, et peu de temps avant d’être nommé cardinal, il déménagea en la ville d’Avranches, où il fut très agréablement accueilli. C’est là que des hommes du roi vinrent lui demander de se rendre auprès du roi d’Angleterre pour négocier les conditions d’un traité de paix.

Mais ces négociations prirent une terrible tournure. L’archevêque de Rouen, qui participait lui aussi à la représentation de la couronne de France, fut retrouvé assassiné dans son lit. Des événements d’une rare violence eurent alors lieu et les fidèles du royaume de France apprirent avec horreur la mort de frère Nico. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque le saint homme, tout auréolé de la bénédiction divine, se retrouva en Normandie quelques jours plus tard. En vérité, je vous le dis, bénit soit celui qui aime tant Dieu que celui-ci le préserve de la mort.

Frère Nico fut d’ailleurs ainsi béni pendant longtemps puisqu’il vécu plus de soixante printemps. Toute sa vie durant, il dut faire face à une santé fragile, devant maintes fois tenir le lit en crachant du sang. Mais son oeuvre de paix, de savoir et de foi étaient trop importante pour que le Très Haut précipite son accession au Paradis solaire. Il mourut dans la béatitude au couvent Franciscain de Sainte-Ménéhould et fut inhumé en la basilique Saint-Titus de Rome, où nombreux furent ceux qui le pleurèrent. Que ceux-ci se réjouissent car il vit et vivra toujours dans nos coeurs.

la vita de Nico premier feuillet

 

De la Vitea de Frère Nico et du Grand Frère qu’il devint,

Voici le récit d’un grand homme qui est un saint dans nos coeurs. Ce texte est en cour de rédaction. N’hésitez pas à y aposer vos commentaires…

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Raconté par la plume-même du principal sujet, et présenté par les membres du couvent franciscain en cette année 1455.

A la mémoire de notre Grand Frère, aussi saint soit-il.

De la vie mouvementée de frèreNico de sa venue au monde à la renaissance du royaume

« Ta vie commence en Normandie vers la fin du XIVème siècle, dans une bourgade de quelques centaines d’habitants tenue par un petit seigneur. Ce seigneur était ton père. Il était très croyant et soucieux d’avoir une bonne place au ciel, il disposait de nombreux fidèles et amis écclésiastiques. Ces mêmes prélats avaient une influence importante sur les souhaits de ton père, ils soufflèrent notamment aux oreilles de ton père de faire de son deuxième fils un oblat. Cet oblat, âgé seulement de quelques 7 printemps s’était toi : Nicolaïde fils du seigneur Normand Robert Tesson lui même descendant du duc défunt Guillaume-longue-épée. Ton frère cadet étant destiné à succéder à ton père à la seigneurie, il décida de te donner comme oblat à un monastère Bénédictin près de Sens pour te voir échapper à une éventuelle invasion anglaise en Normandie, mais aussi pour lui assurer son salut. »

Voila les seules informations que le père abbé de l’abbaye Sainte-Blanche me concéda sèchement sur mon enfance, à défaut de ma mémoire. Je passais ainsi la grande partie de mon enfance comme oblat au monastère à lire et étudier les saintes écritures, à prier, et à apprendre à ne pas succomber aux pechés de ce bas monde. Arrivé à un certain âge, j’entrai dans le noviciat. Il faut avouer que le père abbé Denis ne m’aimait guère avec mes questions impertinentes et mon impétuosité, il m’octroya donc comme maître le débauché frère Konrad.

De l’éducation théologique et sentimentale de frère Nico

Frère Konrad était originaire du Saint empire Germanique, il était gros comme un pourceau, complètement ahuri et incompréhensible par son accent très prononcé. Il avait tous les défauts qu’un moine puisse avoir, et j’étais intimement persuadé de relations ineffables qu’il aurait eu avec une manante du village voisin. Par chance, il avait la charge par le père abbé d’assistant bibliothécaire. En effet le père abbé ne sachant que faire de lui et voyant son inculture totale décida de lui faire fréquenter un peu plus les couloirs de la bibliothèque. Ce n’est certes pas frère Konrad qui me poussa à dévorer des dizaines d’ouvrages, mais le fait de fréquenter l’imposante bibliothèque de l’abbaye Sainte-Blanche dont les ouvrages recueillis venaient des quatres coins de l’Europe aristotélicienne et même au delà ! Ma curiosité allait de paire avec le vaste nombre de rouleaux de papyrus et de codex en tout genre, et sans oublier les nombreuses versions des Logions. Je profitai des siestes de mon maître pour assouvir cette soif de savoir. Un auteur me resta inoubliable : Guillaume le Bleu. Son sens de l’intuition était colossal, il cherchait simplement la vérité, voila ce qui me plaisait ! Ma vision de l’Eglise et de la vie changea radicalement. Sorti de mon noviciat je pris la place de frère Dronad que l’on retrouva mort affalé sur la table lors d’un repas, consultant de plus en plus d’ouvrages notamment des hagiographies sur François de Gênes, les textes étonnant de Françis du Lard s’appuyant sur sa logique implacable, ou encore des textes antiques comme Hérodote ou Aristote. J’avais acquis une verve et une connaissance théologique importante, me lancant dans de sulfureux débats avec de nombreux frères.

En effet au début du XV, l’Eglise s’engrossit, le pouvoir la corrompt, en voyant mes frères amassant des sommes considérables sans bouger leurs ventres gras, passant la grande partie de son temps à compter leurs trésors, priant de temps en temps et recopiant des textes. Tout cela sans penser le moins du monde aux misères du monde extérieur, à la guerre qui déchire les sujets François aux perfides Anglois, aux nombreuses pestes et famines qui se déclenchent dans tout le royaume.

1415, les rumeurs comme quoi Henri V, roi d’Angleterre, aurait débarqué en Normandie se précisent et s’affirment. Deux ans plus tard, j’apprend la prise de Caen par Henri V malgré une vive resistance des seigneurs locaux. Un cousin était venu me voir à l’abbaye pour me prévenir, m’indiquant au passage que ma famille avait été décimée par les troupes d’Henri, mon père, mon frère étaient mort sur le champ de bataille, ma mère, elle, était morte de chagrin. 1419, Rouen est tombé, toute la Normandie est aux mains des Anglais.

Acquis à la cause Franciscaine, je demanda de partir du monastère, ce que le père abbé me permis. Je me retouve livré à moi même à Sens en pleine guerre de cent ans. « Foi,espérance,Charité » était ma devise en ces temps troublés, j’aidais sans compter. J’ai travaillé un temps dans une maison de charité, vivié de pestiféré, de lépreux et de soldats mutilés par la guerre. Ayant un forte connaissance théologique, je décide de me faire ordonner prêtre par l’éveque de Sens. 20 années à donner de ma personne et faire office de curé dans une petite paroisse de campagne. Entre temps, j’était retourné en communauté, dans le couvent franciscain de Sens, petite communauté mais très active surtout dans cette période. Les Franciscains avaient la ferveur populaire avec eux et effectuaient des actions forts louables, cependant la décadence les frappa. Leur idéal premier de pauvreté commença à s’émiétter, Saint François était loin.

En 1440, alors que le roy Charles VII est attaqué tant par les anglais que par son propre fils, je suis obligé de fuir Sens pour me diriger, accompagnée de quelques frères franciscains, vers Paris. Paris repris récemment par notre bon roi gràce aux précédentes actions pour le royaume de la divine Jeanne. C’est pendant cette période que je fis connaissance d’un homme saisissant de culture et d’intelligence, nos idées étaient proche et se trouvait être franciscain. J’appris après d’âpres discussions qu’il était doyen de l’Université de Paris. Raoul de Bègre était son nom. Raoul était âgés et fatigués de la vie et de ses étudiants, selon lui l’Université de Paris avait perdu de son prestige d’antan. La présence Angloise avait envenimé le fonctionnement du corps universitaire. Il me proposa un rôle de professeur de sciences historiques à l’Université, mais aussi pour redonner un coup de fouet à cet illustre corps.

Raoul commençait à perdre la tête tel Charles VI, la folie devint de plus en plus frappante. Les étudiants s’en donnaient à coeur joie pour le destabiliser et pour glousser de l’incohérence de ses propos. Il me demanda, un jour qu’il était dépité, de le remplacer à la tête de l’Université. Il se trouve que j’ai accepté. Je reste jusqu’à responsable de l’Université et accompagné d’illustres professeurs tant en arts libéraux qu’en grammaire, bien que j’ai délégué certains de mes pouvoirs à d’autres pour mieux administrer le corps Parisien.

Du retour de frèreNico en Champagne, et de la création du couvent franciscain

En 1450, le royaume renaît de ses cendres, le roy et sa nouvelle armée royale reprend possession de nombreuses terres. L’évêque de Sens, un ami que j’ai connu en étant frère avec lui au couvent, me propose un mission d’évangélisation. En effet, après les destructions de la guerre, la Foi a reculé laissant appraraître de plus en plus de cas de paganisme. Je serains installé un peu plus au nord, dans un village rebaptisé Sainte-Ménéhould lors de la rennaissance du royaume. Je pars donc seul dans ce modeste village de Champagne feint d’une mission évangélisatrice.

L’inexistence d’un prieuré Franciscain me donna l’idée de sa fondation, des fidèles me suivèrent peu à peu dans la voie de la pauvreté..

An de gràce 1453. Deux années denses et pleines de surprises viennent de se dérouler. Et je m’en vais vous raconter ces évènements récents qui ont bouleverser les royaumes. Je reprend donc mon histoire à Sainte Ménéhould, suivant ainsi la mission d’évangélisation et reconquète.

Un soir d’été, alors que je m’occupais de la cuissons de mes pains de sègles (un four à pain que j’avais acquis récemment), un messager de mon ami franciscain frère Poliskov vint me prévenir de l’imminence de la libération de la Normandie. Les bonnes villes Normandes s’émancipèrent une à une ; Dieppe, Lisieux, Fécamp, Honfleur, Bayeux, Avranches. La liesse était de mise chez les Normands. Dans mon humble habitat de Sainte Ménéhould aussi. Je préparais ainsi mon départ et donnait les dernières directives à mes amis. Après un brève passage à paris pour m’occuper de l’Université, j’arrivai enfin, après quelques jours de charette, dans cette fiers cité Normande : Avranches. Les Avranchais m’accueillèrent admirablement, me faisant oublier Sainte Ménéhould mais aussi cette pluie incessante. Une grande joie m’envahissais de retrouver cette terre où jadis mes ancètres avaient vécus, je fis quelques recherches tant qu’à leur destin mais je n’appris, à mon grand regret, rien de neuf. je fis donc définitivement le deuil de ma famille et rejoint ma nouvelle vie (a quelques 60 années de vie).

L’ordre franciscain continuait son chemin, essayant d’être toujours proche des principes de Saint François, car sa croissance pouvait éloigner certains frères de la vraie foi. Tant bien que mal, une réforme se fit pour s’adapter aux réalités du nouveaux royaume, en conséquence, de nouveaux frères se retrouvèrent au couvent suivant mes principes et ceux de Saint François. Bref le voyage de la vie allait sans peines et sans obstacles vers le but ultime de tout croyant : le salut. Je vous parle de cela car un évènement improbable brisa la monotomie de cette retraite en Normandie…

De l’extraordinaire histoire de son voyage en Angletterre, et de sa mort…

Un matin, par un temps pluvieux de Normandie, trois lourds chevaliers s’approchèrent de ma demeure. Sous une pluie battante, ils descendèrent de leurs chevaux cuirassés et se dirigèrent à ma rencontre. Quelle ne fût pas ma surprise quand j’aperçu, sur les écus de ces seigneurs, les armoiries royales ! Ils rèstèrent très courtois et aimable, me proposant sur ordre du roy une mission capitale. L’un deux, le seigneur de Roy, me fît prendre connaissance de mon devoir : « Votre réputation vous précède frère Nicolaïde, le roy n’est pas resté insensible à vos faits et gestes. Tout occupé qu’il est à reconstruire le royaume, il ne peut se permettre d’envahir ses hostiles voisins, pour cela une paix doit être conclue à l’aide d’une ambassade. Après moult réflexions, le roy a choisit des hommes de Dieu des plus sages et respectables. Vous en faite partit frère Nicolaïde. »

C’est ainsi que je me retrouvais embarqué sur une galère Normande à Barfleur en compagnie des personnalités les plus érudites et diplomatiques du royaume. Le voyage se fît sans encombre et plutôt même dans une joyeuse allégresse. Nous avions proposé comme lieu de rencontre, l’abbaye d’Hastings, symbole de notre ancienne conquète sur l’Angleterre et gloire Normande. Le roi et toute sa cour nous accueilla étonnament bien, avec courtoisie et sympathie. Il se trouvait que le pays était en pleine guerre civile et que le roi voulait résoudre le problème le plus rapidement possible. La journée était belle et l’abbaye lumineuse. Mais cette joyeuse escapade prit fin le soir même. Le roi en effet avait dissimulé une tenace rancune envers les français et particulièrement pour certains de mes collègues arrogants, qui avaient, lors de la rencontre clairement froissé le roi. Avant même le début du dialogue sur la charte de paix, les choses s’étaient envenimées. L’archevêque de Rouen, éminent prélat, fut retrouvé mort dans son lit le lendemain matin, il est vrai qu’il avait sorti une phrase foudroyante au roi Anglois :  » Seigneur, tout roitelet que vous êtes, croyez vous vraiment que nous allions nous laisser envahir par vos barbares tels les Seldjoukides annexant Byzance ? » La diplomatie Françoise possédait en effet, quelques lacunes.

Le lendemain, il régnait un véritable contexte inssurectionnel, les uns accusant les autres de complots, les gardes s’attaquant aux autres gardes et les morts se multiplièrent. Le roi autorisa les diplomates françois à retourner, la queue en quenouille, jusqu’à leur embarcation. Toutefois, il se trouve que je fît parti des morts, du moins on le croyais, et on le raconta à notre bon roi Charles VII.

Un mauvais coup sur la tête me fît partir dans les limbes de mes visions. Qui m’avait fait ça ? Je ne saurais répondre. Je me suis retrouvé quelques heures plus tard dans la salle de réception royale, en compagnie de roi et quelques nobles. Après le temps de reprendre conscience, une agréable discussion s’amorca entre nous. Il me prévint de la préparation d’une embarcation pour rejoindre ma patrie, mes collègues me croyant mort, ils étaient partis sans moi. Il se trouve que le roi d’Angletterre connaissait certains de mes faits, il était très savants, et connaissait de réputation mes enseignements à l’université de Paris. Nous eumes diverses discussions, sur la scolastique par exemple ou encore sur l’autorité Pontificale. Quelques jours après, le roi tint promesse et me renvoya dans la patrie.

J’allais de surprises en surprises, la population apprenant ma mort, eu des réactions très fortes. Me rendant hommage, préparant mes funérailles et accusant les fourbes Anglois. L’ordre francisain était perturbé, ne sachant que faire dans ces moments de tourmentes. Ma venue en rassura plus d’un, et la vie reprit son cour habituel à Avranches. Mais mon histoire ne s’arrête pas là, loin s’en faut.
De sa ressurection et de sa place auprès de Dieu

Une fois mes amis rassurés, ma petite vie à Avranches repris son cours. La rencontre de charmantes personnes m’amena bien du plaisir. Eulalie était une femme de caractère, Franche et décidée. Je ne fut pas surpris de la voir bourgmestre d’Avranches, qui d’ailleurs lui amena prospérité et paix pour plusieurs mois. Bref, ma vie suivait son chemin campagnard loin des grands troubles du royaume et de ses multiples péripéties. La situation du royaume était pourtant très positive, la reconquète allez très vite ; la Bretagne, la Bourgogne revenait à leurs tour sous le giron du roy de France, et bientôt d’autres provinces. Mais des difficultés internes succédèrent à l’obstacle Anglois. Les grands nobles du royaume s’accaparaient de plus en plus de pouvoir, dirigeant fierèment leur province. Ce régionnalisme naissant amena de gràves conflits entre la normandie et l’Artois, un homme, Charles II d’Artois, était au coeur d²’une guerre qui dura plusieurs semaines. L’intervention du roi de France arreta tout bellicisme entre les deux fiefs, même si des tensions stagnaient toujours, et qu’une guerre civile se déclencha en Artois.

Mais j’étais loin de toutes ces complications, Avranches étant légèrement excentrée. Je n’avais de plus, guère le temps de m’occuper de cet antagonisme de roitelet.

Car une autre visite de la plus haute importance bouleversa ma petite vie routinière.

Hissé sur son palaquin, accompagné de plusieurs gardes suisses et de nombreux écclésiastiques, un nonce apostolique était en vue d’Avranches. Le jeune berger Eudes, qui avait repéré au loin cet imposant cortège, m’avait prévenu de cette étonnante visite. Quel était donc le but de cette visite pontificale ? Je partie en bringue jusqu’à la cathédrale d’Avranches afin de les recevoir comme ils se doivent, se fut un grand honneur pour moi bien sur, mais j’étais en plein désarroi. Et quel ne fut pas ma stupéfaction de voir auprès de l’envoyé du pape, trois personnes que je connaissais bien. Des amis franciscains de longues dates. Frère Poliskov de Bretagne, personnage cocasse et désopilant, mais très grâve lorsque les dogmes de l’Eglise étaient entravées, les sodomites, Vaudois et autes hérétiques connaissaient sa réputation. Frère Brunon, qui s’était rapproché des princes du royaumes, faisant de lui un conseiller éclairé. Et enfin frère Nordebert, grand prêcheur
Franciscain qui parcourait les campagnes Françaises en appliquant les preceptes de Saint François, sa réputation l’avait précédé. Ces trois hommes vétues d’une robe blanche ceint d’une fine cordelette, s’approchèrent de moi avec émotion, ils avaient une grande nouvelle à m’annoncer.

« Mon frère, Dieu soit loué, nous sommes heureux de te revoir en si bonne santé. Ce qui n’est malheureusement pas le cas pour notre pauvre frère Blaise, paix à son âme. Mais nous ne sommes pas venus pour cela… »
Commença frère Nordebert

« Tu sais que la Papauté sort d’une grande crise ? » Poursuivit frère Brunon. » La folie des papes a bouleversé l’Eglise, et rien ne s’arrange avec les Turcs installés aux portes de Byzance. Cependant, les conciles écclésiastiques ont repris les choses en main. Le pape est affaibli dans ses fonctions, et le concile veut en profiter pour renouveller tous les cardinaux au sein de la curie dans un soucis d’efficacité. En réalité, ils cherchent à supprimer les anciens alliés de sa sainteté afin de réduire l’étendue de ses pouvoirs, ils veulent aussi en finir avec le népotisme et l’indolence régnant à la cour pontifical. Par différents rapports de force, la pape a cédé, et a du se convaincre de réaliser les desseins des conciles. Il envoya donc par monts et par vaux ses envoyés : les nonces apostoliques. Au royaume de France, récemment reconquis par Charles VII, il décida de renouveller 11 cardinaux parmis les plus sages et les plus pieux du … »

« Et nous avons été choisis Frère Nicolaïde » Intervint frère Poliskov, ne pouvant retenir son exaltation.

« Nordebert, Poliskov, Martial d’Auvergne que nous rejoignerons sur le chemin de Rome, moi même et toi NicolaÎde » Continua frère Brunon. « Tu ne peux refuser mon frère, Dieu en a décidé ainsi, alors prépares tes affaires et rejoins nous au plus vite. »

Et c’est ainsi que nous nous retrouvâmes sur le chemin menant à Rome. Notre voyage fut long et tumultueux. De violents débats de déclenchèrent entre nous, certains regrettant la perte de notre idéal originel au profit du pouvoir et de luxure. D’autres réagirent violent exaltant la grandeur de l’Eglise et la puissnce de celle çi. Après toutes ces semaines de voyage, nous étions fourbus, mais la vision de Rome, ville éternelle, et de la Basilique Constantine nous remplissa d’émotions diverses, allant de la béatitude à une piété intense. La rencontre avec le Pape fut des plus solennel, j’essayais de demeurer digne et humble devant le lieutenant de Dieu.

deuxième feuillet

Deuxième feuillet: dernière partie de sa vie, par Feu son Imminence Pouyss, qui l’eut bien connu.

Si vous me le permettez, j’aimerais maintenant témoigner de manière un peu plus personnelle de la suite de la vie de ce saint homme. Notre amitié commune m’empêche de vous décrire de manière froide et impersonnelle la vie de celui que j’ai toujours considéré comme un père. Veuillez m’excuser des larmes qui coulent sur mes joues, mais je ne peux pas plus longtemps les retenir. Sachez que j’ai connu frère Nico en mai 1454, soit il y a moins d’une année. Je suis arrivé en pleine période de forte tension entre Franciscains et Thomistes (tension que j’ai attisé par ma traduction de l’hagiographie de sainte Nitouche). Mais frère Nico et saint Trufaldini firent preuve de sagesse et permirent à nos théologiens (saint Lescure, ses éminence Jeandalf et Lorgol, moi même et d’autres) de poursuivre leur travail dans la sérénité.

Après le concile eut lieu la période de réforme des ordres, rendue nécessaire du fait du nouveau dogme. Je le secondai humblement dans cette tâche (j’étais Franciscain à l’époque), mais ce sont surtout les frères Chevalier_St_Georges, Sashann et Bibineloden qui eurent le plus grand mérite. Le premier mît d’ailleurs en place le noviciat Franciscain. Frère Nico avait à coeur de ne pas se mêler du travail de ses frères mais plutôt de leur donner tous les pouvoirs nécessaires à l’atteinte de leurs objectifs. Il créa donc un chapitre Franciscain, qui réunissait certains des Aristotéliciens les plus actifs du moment. Malheureusement, notre plus brillant frère, Chevalier_St_Georges, disparut après une longue et douloureuse maladie. Frère Nico, qui le considérait comme un ami, ne s’en remit pas et sa santé déclina alors. Mais sa force d’âme lui permit de continuer.

Lui et moi se considérions mutuellement comme le père et le fils. Nos débats nocturnes pouvaient durer des nuits entières et nos divergences profondes d’opinion n’eurent jamais raison de notre estime mutuelle. Celles-ci amenèrent à la concrétisation de certains textes fondamentaux et permirent de réfléchir à d’importantes réformes de l’Eglise elle-même. Ainsi, nous nous opposâmes lors du débat sur le célibat des clercs. Ceci semble une discussion annexe, ne concernant que quelques clercs dans leur coin, mais est en réalité fondamental et dictant l’ensemble du fonctionnement de l’Eglise et de ses relations avec les pouvoirs temporels. De plus, ce débat faisait ressurgir l’opposition farouche entre tenants de la tradition christite et défenseurs du dogme réformé. Frère Nico semblait fortement gêné par ce débat. Lui qui était un progressiste convaincu y trouvait alors les limites à ce qu’il considérait comme trop éloigné de l’Eglise de ses rêves, trop différente de l’Eglise traditionnelle. Mais la Curie et l’ensemble de l’Eglise avait compris la leçon du concile et le débat se fit relativement courtoisement, et un choix équilibré en ressortit. Au moment où je vous parle, le travail de rédaction de ses conclusions n’est toujours pas terminé.

Mais, peu à peu, la santé de frère Nico s’aggrava. Il n’était plus visible qu’en fin de semaine et se faisait de plus en plus absent. Il finit par y succomber en fin d’année, non sans m’avoir envoyé une des lettres les plus marquantes qu’il m’ait été donnée de lire. Veuillez m’excuser de ne pas vous en faire part, mais je n’en aurai pas la force. J’ai non seulement perdu un ami, mais surtout un père…

Mais la mort de Frère Nico symbolise plus encore que la perte d’un saint homme. Avec lui, c’est tout une page de l’histoire de l’Eglise qui se tourne. Il représentait à lui seul toute une génération de pionniers qui ont su vaillamment et patiemment redonner la foi à nos contemporains. Sans ces hommes et femmes de si grand mérite, nous ne serions pas ici, à Rome. Alors, n’oublions jamais, mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, tout ce que nous leur devons. Et poursuivons leur oeuvre, car c’est là le plus bel hommage qui pourrait être rendu à Frère Nico.

troisième feuillet

Troisième feuillet: les témoignages

 

Lorgol a écrit:

A titre personnel, je perds un ami qui m’était très cher. A titre collectif nous perdons un peu de l’âme de notre céleste institution.

bibineloden a écrit:

Le meilleur d’entre nous a enfin rejoint le créateur et est libéré de ses entraves terrestres. Réjouissons nous pour lui, nous nous resterons à pleurer un ami, un frère

Gloth a écrit:

O saison funeste ! Le dernier des Pères fondateurs nous a quittés !

Ce ne sont pas seulement l’Eglise et l’Ordre franciscain qui pleurent un père aimé ; c’est l’humanité entière qui est orpheline aujourd’hui.

Sanctum Subitum !

Pater San Giovanni a écrit:

Mais frère Nico n’est point mort, nous en sommes la preuve vivante, il continue à vivre à travers chacun d’entre nous.

Il n’existe pas un seul aristotélicien qui n’a pas un peu de frère Nico en lui et il est de notre devoir de continuer l’oeuvre qu’il a commencé.
Dans chaque geste quotidien que nous effectuerons il y aura forcément une pensée pour lui.

Ivrel a écrit:

Désormais il est auprès de Dieu dans le Soleil : un homme qui avait tant fait pour l’église et les fidèles ne pouvait aller sur la Lune.

MrGroar a écrit:

- J’ai amené un sac de farine de ma production personnelle que j’ai bénie ce matin. Vous pensez que Frère Nico appréciera le geste là où il est?

Gedeon a écrit:

Un modèle de vertu et de tempérance, voilà ce que Gedeon avait vu en Frère Nico ce jour là. Il se souvenait de cet homme simple, se contentant d’un quignon de pain et d’un verre d’eau alors que des victuailles débordaient pour les convives, il se souvenait d’une couche faite de paille alors que des lits sompteux avaient été prévus…

jandebohem a écrit:

JandeBohem sourit à l’évocation des fameux pouët de frère Nico qui touchaient à l’insondable et à la métaphysique. Elle se souvint avoir surpris un soir de pluie, le vieillard traverser le parvis de Saint Titus, ne se sachant pas observé, il s’était mis soudain à composer un numéro de claquettes en rythme syncopé : faisant tourner en moulinets sa canne d’ébène, soulevant sa mître en cadence et puis soudain était reparti à pas lents et mesurés tout en se tenant les reins.
C’était bien là frère Nico !

frère robert a écrit:

Ce grand homme d’église fut le véritable pilier de notre église aristotélicienne moderne. Il aurait mérité de vivre assez vieux pour devenir notre premier grand pape.

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