Archive pour mars, 2011

Où il est question de disparus et de disparitions 2

Bordeaux, le quartier Port de Lune 

Où il est question de disparus et de disparitions 2 dans le père abbé images10

Jour après jour, le moine reprenait sa position sur le mur de cette rue du port Bordeaux. Jour après jours, les pleureuses s’agenouillaient devant lui. A chaque heure, il priait, inlassablement la même prière. A chaque seconde,les mêmes visions. Terribles. Insupportables. 

« Ah! pis y’en a marre! Prier le très haut tout ce temps pour me retrouver agglutiné de vielles grincheuses qui n’ont pas réussi à se trouver des hommes de qualité! Est-ce là la raison de tout mon dévouement? Toute cette souffrance, que pour ça? De toutes manières, qu’espérer de plus du Très-Haut que ce qu’il m’a déjà offert? Je ne peux interagir avec le monde terrestre, alors ma mission ne s’arrête-t-elle pas ici? Que puis-je faire de plus pour le malheureux? Je me déconnecte! »

Certes, les motivations du Moine sont discutables… En tout état de cause, elles n’appartiennent cependant qu’à lui. Et celui-là de redescendre de sa stèle, devant les figures ahuries de ces femmes -auraient-elles été trompées?

Le moine adressa la parole à un vivant pour la première fois depuis fort longtemps.

-Non mais?! Vous vous êtes vues, peut-être? Z’avez rien de mieux à faire? Vas-y, j’te dit: longe tous les murs de la cité, si tu veux! La place d’Aristote! Tu penses que c’est comme ça que tu va te rapprocher du Très Haut?!

Évidemment, toutes ces années passées en communion directe avec lui-même lui avait fait oublier les règles élémentaires de la diplomatie la plus simple -ou simpliste- possible. Et probablement fait refoulé des inclinaisons sommes toute quelque peu égoïstes. Laissons le Très-Haut juger de tout cela avec le moine directement. Revenons à nos affaires. 

Les pleureuses, médusées de la réplique du moine pour le moins inattendue, restèrent béates. Puis, une d’entre elle sorti de son mutisme, après avoir retrouvé ses esprits..

-Non mais! Petit effronté! On t’as pas appris les bonnes manière, à ton collège… ton abbaye… ton sé… m’énerve, celui-là! Viens t’en que je te les apprenne, moi, les bonnes manières!

Puis, à l’aide d’un sac dont elle se servait pour faire les courses, et malgré son âge avancée,elle commença à infliger une correction au moine qui fut à son tour éberlué, ne sachant trop comment réagir. Devant cette scène somme toute surréaliste, les consoeurs de la vielle dame se firent un honneur d’aider leur aînée.

-Comment tu parles à tes fidèles? Est-ce là, le message que tu comptes livrer? Et puis c’est quoi c’est « vas-y »? On dit pas « La Place d’Aristote », mon jeune, c’est pas un juron, c’est un lieu béni! 

-Va t-en tout de suite voir m’dame le curé! Allez! On va t-y mener, t’as besoin d’une bonne confession, m’sieur le moine!

Et les pleureuses, soudainement transformées en avocates des bonnes manières, de conduire le Moine vers le confessionnal où, pensaient-elles, le Moine avait intérêt à se rendre afin de purger l’insulte qui leur venaient d’être faites. Peut-être, pour celui-là, il aurait été souhaitable que ces dames aient trouvé un autre diable sur lequel jeté leur dévolu… 

Mais pendant ce temps, à l’intérieur de l’entrepôt, notre homme été toujours laissé à lui-même…

Bordeaux, extérieur de l’entrepôt.
6694121434c6c60963ad2b dans le pigeonnierRehael, Aurélien, ainsi que plusieurs gardes épiscopaux arrivaient à l’adresse indiquée. 
Citation:

rue de la Fusterie. À Bordo. A coté de l’entropo en boué.

Hum… 

Il semblait avoir trouvé l’entrepôt en bois, qui semblait effectivement tout ce qu’il y avait de plus mal famé, comme la rue, et comme tout le quartier… 

Le Cardinal ressera son pardessus autour de ses épaules. Inutile d’attirer l’attention plus que de rigueur. 

S’adressant aux gardes épiscopaux : 

Allez voir si il existe des entrées secondaires de cet entrepôt, et si il est gardé. 

Discretement, naturellement.

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Eminence, Monseigneur, restez ici avec les deux gardes. Je vais faire le tour de cet entrepot voir s’il y a du monde là dedans. Seul, je passerai plus inaperçu. S’il arrive quoique ce soit, je hurlerai et alors, allez loin et appelez les gardes de la prévoté. 

Guilhelm laissa les prélats avec les gardes puis s’en alla vérifier les locaux. Plusieurs entrées étaient possible dans ces entrepots. Guilhelm en fit le tour discrêtement, inspectant chaque entrée. L’une des entrées à l’arrière du batiment donnait sur un couloir. Au bout, luisait une lumière vascillante. Guilhelm s’approcha lentement, vérifiant chaque pas pour ne pas attirer l’attention. Au bout du couloir, une salle sombre, avec deux hommes discutant autour d’un feu. Guilhelm s’en retourna vers les prélats. 

Eminence, Monseigneur, j’ai fait le tour de l’entrepot. Il semble totalement vide, à l’exception d’une salle où l’on accède par l’entrée arrière. Il y a là deux hommes qui discutent autour d’un feu. Au fond de la salle, il y a un escalier qui semble descendre dans les sous-sol, mais je ne m’y suis pas aventuré. J’ai préféré attendre vos instructions.

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Deux hommes ? Hmmm… 

Ce peut être dangereux. Mais nous sommes plus nombreux, ne perdons pas de temps, je veux tirer cette histoire au clair, qu’importe ce que j’y trouverai. 

Ni d’une ni deux, déterminé à aller au bout de ce périple, Rehael pris la direction de l’arrière de l’entrepot, faisant signe aux autres de le suivre. Il ne savait pas pourquoi, mais la tête lui tournait légèrement. Il avait une drôle de sensation, un étrange pressentiment, quelque chose lui intimant à la fois d’entrer dans l’entrepôt et de prendre ses jambes à son cou. 

Saint François, guide moi… 

Une fois devant la porte, il inspira une grande bouffée d’air, et entra….dans l’horreur.

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Guilhelm vit le cardinal partir en direction de l’entrepot avant même qu’il ait eu le temps de dire ouf. Il le rattrappa et bloqua sa progression. 

hop hop hop, Emminence… si vous permettez ….. 

Petit regard à son archevêque pur vérifier qu’il n’allait pas trop loin. 

Nous allons passer devant, et vous resterez derrière avec Monseigner Aurélien. Nous allons nous occuper de ces deux gaillards, et ensuite, vous pourrez venir. 

N’est ce pas, Monseigneur Aurélien ?

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Eminence, je pense qu’il est plus prudent de laisser nos soldats aller sécuriser les lieux. Imaginez le scandale si, en prime, il y avait encore deux prélats de tués…… 

Guilhelm, faites vite et …. proprement.

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Rehael hocha la tête. Toute cette histoire et les étranges sentiments qui le torturaient lui faisait perdre la tête. 

Il recula quelque peu pour laisser entrer les gardes. 

Vous avez raison Monseigneur. Allez y messieurs.

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Guilhelm revint quelque temps apres. Petit sourire en coin. 

Bon, Votre eminence, la voie est libre. Nous pouvons accéder aux sous sol sans probleme. 

Guilhelm se pencha à l’oreille de son archevêque 

Posez pas de questions sur ce qui a pu se passer, Monseigneur, mais c’est promis, j’irai me confesser avant l’office de dimanche. Les gaillards sont quelque part …. au fond du port…… ni vu ni connu …. 

Guilhelm montra le chemin vers la porte. 

C’est par ici, eminence……

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La gorge serrée, Rehael pénétra dans l’étrange entrepôt dans lequel flottait une drole d’odeur. Celle ci était doucereuse et acre, et lui rappellait vaguement une odeur de pourriture. 

La mort….cela sentait la mort…. 

Il sentait également d’autres odeurs, peu agréables, mais qu’il n’arrivait pas encore à déterminer. 

Le Cardinal frissonna puis saisit la torche que lui tendait l’un des gardes. Visiblement il n’y avait pas âme qui vive dans cet entrepôt, mais une main invisible semblait le pousser. Il l’avait sentie très nettement, alors que personne ne se trouvait immédiatement derrière lui. 

Rehael pris cela pour un signe, le dernier d’une longue liste de signes étranges qui semblaient l’avoir conduit de Bruz jusque dans cet entrepôt malfamé de Bordeaux. 

Il s’avanca et pénétra dans les entrailles de l’entrepôt, sa torche vacillante à la main.

Rehael progressait, aux côtés de Monseigneur Aurélien et des gardes épiscopaux, a l’interieur de ce mystérieux entrepot. Plus il avancait, plus la mauvaise odeur s’accentuait.
La pénombre régnait, et au milieu de celles ci les flammes de la torche tenue par le Cardinal semblaient danser sur les murs. 

Pas un bruit… 

Patatrac ! 

Rehael faillit s’écrouler sur des caisses de bois éventrées placées au milieu du chemin. Il fut néanmoins retenu par le garde se trouvant immédiatement sur ses talons. Approchant sa torche, le prélat apercu des caisses de poivre, et d’autres de vieux pétards mouillés. 

Cet entrepôt est vide, c’était probablement juste un canulard. 

Cependant, l’instinct du prélat lui disait d’avancer encore pour percer a jour le secret de ce lieu étrange. 

Enfin, au bout de quelques minutes, la petite troupe déboucha sur une salle circulaire. Rehael s’interrompit net et lacha sa torche, comme foudroyé. 

Par Saint François… murmura-t-il d’une voix blanche. 

Devant le Cardinal frappé d’effroi se trouvait une série de nombreux corps, placés en rond, tous les mains jointes, semblant morts en même temps dans une ultime prière.
L’odeur était exécrable, et obligea le prélat a porter un mouchoir à son nez pour ne pas vomir, tandis que la torche, au sol, continuait de bruler.

 

 

 

 

 

 

 

 

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